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Mardi 20 février 2 20 /02 /Fév 01:04

Superstar du Reggae et prophète rasta, Bob Marley reste une des principales icônes du monde contemporain. Disparu prématurément en 1981, il a transformé un style issu de la musique populaire jamaïcaine en un mouvement majeur.
Phénomène plutôt rare, Bob Marley est à la fois adulé du grand public, qui découvrit le reggae avec lui, et des connaisseurs les plus exigeants.

Ce blog va vous permettre d'apreciez Bob, les Wailers et le reggae d'une autre manière grace à des anecdotes, des photos et des videos rares, il traitera aussi de l'actualité reggae.

 

Bonnes visites à tous et n'oubliez pas mettre des commentaires!

Par sofianeroots69 - Publié dans : bobmarley45-81
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Samedi 20 janvier 6 20 /01 /Jan 18:13

Alliant spiritualité, amour et révolte, les chansons de Bob Marley ont su toucher la planète entière et traverser les âges portant le reggae et la Jamaïque à la connaissance du plus grand nombre. Le métis au sourire éternel a également joué un rôle politique sur son île et sa voix a même insufflé un vent d'indépendance sur l'Afrique. Ses chansons sont devenus des hymnes universels que la première star du tiers-monde a laissé en héritage à des populations qu'il n'a jamais oublié.

Au fin fond de la Jamaïque, par delà les campagnes, nichée dans les collines, se situe la paroisse de Saint Ann et ses forêts verdoyantes. La petite route de terre se faufile au travers une série de villages dont celui de Nine Miles où vivait au début du XXe siècle la famille Malcom. La petite Cedella, son père Omeriah, sa soeur Enid, ses oncles et ses tantes. La jeune fille, alors âgée de 17 ans, rencontra un beau jour un capitaine anglais de loin son aînée. De cette rencontre, naquit un petit homme métis qui allait bouleverser le monde de la musique, et pas seulement. La grossesse de Cedella précipita son mariage avec Norval Marley. Ce dernier, qui sera renié par sa famille quand elle apprendra la nouvelle, est à Kingston lorsque leur fils voit le jour le 6 février 1945. Lors du retour de son père à Nine Miles, il est baptisé Nesta Robert Marley.

Le petit garçon grandit dans une ambiance sereine bercée par les quadrilles, musique traditionnelle jouée par les orchestres locaux. Il va à l'école et découvre les joies de la vie à la campagne jouant dans les champs de son grand-père. Son père passe régulièrement le voir et subvient aux besoins de la famille. En 1955, après une longue période sans nouvelle et sans que Cedella ou Nesta soit au courant, Norval Marley décède. Deux ans plus tard, le petit Marley rejoint sa mère partie tenter sa chance à Kingston. Cedella vie à cette époque dans un ghetto de Kingston ouest, Trenchtown. Nesta va à l'école jusqu'à 15 ans, dans un milieu où les délinquants font la loi dans les rues. Dans son voisinage, il se lie d'amitié avec un jeune garçon de son âge, Bunny Livingston (qui deviendra Bunny Wailer). Ils chantent ensemble des cantiques et, avec la guitare bricolée par Bunny, composent leurs premières mélodies. Leurs influences sont américaines, le rythm'n'blues et surtout la soul qui passent à la radio, les Impressions de Curtis Mayfield notamment. En 1959, Nesta gagne une livre à un radio crochet.

Au début des années 1960, l'adolescent travaille dans un atelier de soudure et tous les soirs exerce son chant sous la protection de Joe Higgs, musicien confirmé, qui donne des cours près de chez lui. A l'époque, les jeunes chanteurs défilent chez les rares producteurs jamaïcains, notamment Duke Reid et Clement « Coxsone » Dodd. Ceux-ci donnent parfois quelques dollars pour enregistrer un 45 tours. A la suite d'un accident à l'atelier, Nesta suit les conseils d'un de ses collègues, Desmond Dekker qui deviendra aussi chanteur, et tente de se faire enregistrer chez Leslie Kong. Soutenu par un autre débutant qui a ses entrées chez le producteur, Jimmy Cliff, il obtient une audition et enregistre trois titres dont le ska « Judge Not » qu'il a composé avec l'aide de Joe Higgs. Son premier 45 tours sort en 1962 sur le label Beverley's, il a 17 ans. Les ventes sont négligeables.

Malgré cette première sortie, la vie de Nesta se dégrade. Sa mère a une fille avec la père de Bunny, mais décide d'aller vivre avec un autre homme aux Etats-Unis. Pour faciliter leur immigration aux Etats-Unis, Cedella intervertit les deux prénoms de son fils qui devient Robert Nesta Marley. Pearl Livingston et celui que l'on surnomme désormais Bob doivent la rejoindre dès qu'elle en aura les moyens. En attendant, Marley se retrouve à la rue tandis que sa demi-soeur est heureusement accueillie par sa tante maternelle. Il ne lâche pas pour autant la musique. Bunny et lui ont rencontré un grand garçon qui a la chance de posséder une guitare, Peter McIntosh (qui deviendra Peter Tosh). Ce dernier leur apprend à en jouer, mais complète surtout le trio avec sa voix de barython qui se pose parfaitement à côté des deux autres. Les futurs Wailers chantent alors avec Junior Braithwaite et deux choristes.

A l'été 1963, un ami batteur du groupe, Alvin « Seeco » Patterson, les introduit auprès de « Coxsone » Dodd, maître de Studio One, producteur de légende jamaïcain et possesseur d'un important sound system. La première session permet de sortir le tube « Simmer down ». Un ska bondissant écrit par Bunny. Lors de l'enregistrement, les chanteurs sont accompagnés des fameux Skatalites. Les Wailing Wailers, comme les a baptisé Dodd, restent deux mois en tête du hit-parade au début de l'année 1964. Ceci ne leur rapporte pas beaucoup d'argent, mais le producteur offre un toit à Marley, derrière le studio. Sous la houlette de Coxsone, le groupe produit plusieurs ballades lentes et plaintives, « It hurts to be alone », avec Braithwaite au lead, puis « Lonesome feeling », avec Bunny au premier plan. Bob se sent alors plus à l'aise sur des titres inspirés des Impressions, « I'm still waiting », ou des reprises de standards américains dont le nom est modifié.

La musique jamaïcaine est en train d'opérer un tournant symbolisé par les six millions d'exemplaires écoulés en 1964 du disque « My boy lollipop » de Millie Small. Le label qui l'a sorti, Island records, est dirigé par un certain Chris Blackwell. Ce dernier fondera en 1967 le label Trojan afin de produire la musique jamaïquaine localement. A l'époque, les Rude boys commencent à faire régner la terreur en ville et les Wailing Wailers symbolisent la musique des ghettos d'où ils viennent. Les manières de Marley lui valent d'ailleurs d'être surnommé « Tough gong ». Les difficultés de la rue deviennent un thème prédominant des compositions de cette période. Le groupe s'éloigne donc à la fin 1965 de ses chansons d'amour dont la magnifique « Love and affection » et de Junior Braithwaite, qui fera carrière tout seul.

Malgré les succès, les Wailers en ont été assez d'être abusés par Dodd et veulent plus d'indépendance. Bob souhaite rejoindre sa mère aux Etats-Unis pour gagner de quoi créer son label, mais il s'est lié avec une jeune chanteuse, Rita Anderson, dont le groupe a enregistré à Studio One où ils se sont rencontrés. Les cheveux courts, dans son costume de scène noir, Bob Marley l'épouse le 10 février 1966. Le lendemain, il part dans le Delaware. Aux Etats-Unis, il travaille dur, laborantin, gardien de parking, parfois plusieurs jobs en même temps. Il en profite aussi pour s'interroger sur sa foi naissante pour le rastafarisme, sujet de dissension avec sa mère chrétienne, et compose. Le 6 avril 1966, Rita va voir l'empereur éthiopien Haïllé Sélassié I, réincarnation de Dieu pour les rastas, en visite à Kingston.

Bob revient à la Jamaïque en octobre 1966 et, avec la chaleur de l'été, le rythme du ska s'est ralenti. Alors que les Wailers et Rita ont continué d'enregistrer, le rock steady a fait son apparition et le groupe va s'y adapter. Après s'être fait, une fois de plus, arnaquer par Coxsone - pour qui ils ont enregistrés une centaine de morceaux - avec le titre « Bend down low », ils quittent le producteur et fondent leur label, Wailing Soul Records (et Wail'n Soul'm au début), qui ne tiendra que jusqu'à fin 1967. A cette époque, le couple Marley est retourné habiter du côté de Saint Ann, avec leur première fille Cedella, et ne vient à Kingston que pour affaires. Bob compose à ce moment là quelques uns de ses futurs tubes comme « Stir it up » ou « Trenchtown rock ». Par ailleurs, il se rapproche très fortement du mouvement rasta. Pendant que Bunny est en prison pour détention de marijuana, Peter Tosh et les Marley rencontrent le chanteur américain Johnny Nash et son producteur Danny Sims avec qui ils sympathisent. Ils travaillent avec ce dernier pendant quelques années, enregistrant quelques 80 chansons, mais peu de succès. Les textes sont moins orientés sur les réalités du pays et le son se dirige doucement vers le lent « skank » du reggae.

Durant cette période, Bob retrouve Leslie Kong, le producteur sort une dizaine de titres des Wailers en 1969. Mais le chanteur repart aux Etats-Unis pour une série de boulots qui doivent à nouveau permettre de monter sa propre structure. Quand il revient, le groupe se met au travail avec un des producteurs les plus créatifs de l'île, Lee « Scratch » Perry. Certains considèrent les sessions issues de leurs collaborations comme la meilleure période de Marley. « Sun is shinning », « Soul rebel » ou « Small axe » voient le jour à cette période. En 1970, Perry finit la formation musicale du groupe et le flanque de quelques musiciens de talents, dont les frères Barrett à la section rythmique : Aston « Family Man » à la basse et Carlton à la batterie feront bientôt partie intégrante des Wailers. Bob et Bunny fondent un nouveau label, Tuff Gong, pour enfin être payés de leurs compositions.

En 1970 et 1971, Marley va suivre Nash et Simms en Suède puis à Londres. Les Wailers travaillent avec eux dans une tentative de lancement international avec des titres plus rock qui ne marchent pas. Le groupe piétine en Angleterre alors que le reggae est en train d'exploser au niveau international depuis le succès du film The harder they come dont Jimmy Cliff joue le héros. Et celui qui a senti ce tournant est Chris Blackwell. Il a fait sa fortune en vendant du rock blanc, le seul artiste jamaïcain qu'il produit est Jimmy Cliff. Blackwell suit les Wailers depuis longtemps et, par un curieux hasard, a distribué en Angleterre un des premiers 45 tours de Marley, « One cup of coffee ». En poussant la porte de son bureau à Londres fin 1971, Bob ouvre aux Wailers les portes de la gloire.

Les séances aux studios Harry J's début 1972 aboutiront à la sortie de l'album Catch a fire en décembre en Angleterre, véritable première sortie internationale. Les paroles enflammées dénonçant l'esclavage et la dure vie des ghettos donnent une nouvelle orientation au reggae alliant basses imposantes et overdub plus rock. Le disque rencontre seulement un succès d'estime, mais le ton est donné. Jah n'est pas encore complètement dans la vie du chanteur et ses longues tresses que le public lui connaît commencent seulement à pousser. Côté amitié, Alan « Skill » Cole, joueur de football jamaïcain et manager du groupe par moment, passe de longues heures sur le terrain à jouer avec Bob, qui nourrit une véritable passion pour ce sport. Chris Blackwell acquière la villa du 56, Hope road à la même période, qui deviendra le quartier général de Marley quelques temps plus tard. 1972 est également une année électorale importante sur l'île, car le socialiste Michael Manley devient Premier ministre. A la Jamaïque, la politique a une incidence sur tout, et notamment sur la violence des ghettos.

Mais début 1973, les Wailers sont appelés vers d'autres destinations. Ils tournent en Angleterre, dernière tournée de Bunny Wailer qui décide au retour de ne plus faire de concerts à l'étranger. Il est remplacé par Joe Higgs, le professeur des débuts. Le chanteur participe toutefois aux sessions de Burnin' qui verra le jour en octobre 1973. Les sonorités plus jamaïcaines cimentent un disque qui contient plusieurs titres entrés dans l'histoire : « Get up, stand up » et « I shot the sheriff ». Aux Etats-Unis, après quelques dates en première partie de Sly & The Family Stone, les Wailers continuent la tournée seuls. Joe Higgs quitte le groupe avant que celui-ci ne rejoigne l'Angleterre. Le froid et le départ du clavier Earl Lindo mettront un terme prématuré à la série de concerts prévus. Les Wailers rentrent sur leur île. Juste avant son retour, Bob décide avec Chris Blackwell de prendre le contrôle, ce qui signifie que Peter Tosh est évincé. Ce sera désormais « Bob Marley & The Wailers ».

Sans tournée à l'ordre du jour, le groupe ne joue quasiment pas dans son pays sauf à une reprise, en première partie de Marvin Gaye, occasion pour Bob de monter sur scène avec Peter et Bunny. Lors de ce concert, il rencontre Don Taylor, manager de Gaye, qui veut travailler avec lui. Mis à part cette date, 1974 est une année de travail marquée, à l'été, par la reprise de « I shot the sheriff » par Eric Clapton qui atteint la première place des charts américains. Le morceau passe même sur les ondes jamaïcaines sur lesquels les titres des Wailers ne sont pas diffusés. Natty Dread sort en 1975 avec des textes toujours aussi forts et rebelles, mais un son qui a évolué, notamment avec le langoureux « No woman, no cry ». Sur ce morceau, un jeune guitariste américain émigré en Angleterre, Al Anderson, pose un solo empreint de blues. Il restera avec le groupe qui a également engagé des choeurs assurés par Rita Marley, Judy Mowatt et Marcia Griffiths, surnommées les I-Threes. Comme le groupe connaît toujours des problèmes de personnels, le clavier Tyrone Downie est sollicité par Bob.

Cette année là, Don Taylor devient le manager des Wailers et organise une tournée américaine où ils resplendissent. A cette occasion, Bob commence une grande histoire d'amour avec les médias en accordant de multiples interviews fleuves où il s'étend longuement sur le rastafarisme, déstabilisant parfois les journalistes. Leurs voyages les mènent ensuite en Angleterre. La performance de Londres au Lyceum sera enregistrée et publiée quelques mois plus tard sous le nom sobre de Live !. Les sept titres sont menés à la baguette avec tout le perfectionnisme que son leader impose à ses troupes. La version de « No woman, no cry » gravée ce soir là est intense, pure, inoubliable. Elle fera le tour du monde élevant le chanteur au rang de star. Le 27 août, c'est le choc, Sa Majesté Haïlé Sélassié est assassinée. En réaction à la polémique sur la divinité de l'empereur, Marley chante « Jah live ». Fin novembre, les Wailers participent à un concert de charité donné par Steevie Wonder à Kingston. A cette occasion, Bob, Peter et Bunny jouent pour la dernière fois ensemble.

Nouveaux changements en 1976 avec le départ du groupe d'Al Anderson qui part jouer avec Peter Tosh. Il faudra deux guitaristes pour le remplacer : le Jamaïcain Earl « China » Smith et l'américain Don Kinsey. Ils intègrent les Wailers à l'aube du plus grand succès commercial du vivant de Bob, l'album Rastman Vibration. Celui-ci décevra les fans originels car le ton est moins militant, plus spirituel, pourtant, le titre phare de cet album, qui sort en mai 1976, est une adaptation d'un discours d'Haïlé Sélassié à l'ONU en 1968 rebaptisé « War ». Marley est rarement crédité pour ses compositions car son passage chez Island a été l'objet de concessions auprès de ses anciens producteurs et notamment de Danny Sims. Plutôt que de lui donner de l'argent, le chanteur préfère que le groupe ou certains de ses amis soient indiqués comme compositeur. Ainsi, Vincent Ford est censé avoir écrit « No woman, no cry » ou « Rastaman vibration » bien qu'il soit plus connu pour avoir entretenu les feux les soirs de veillés que pour avoir tenu un instrument entre ses mains...

Lorsque le groupe revient en septembre de sa tournée aux Etats-Unis et en Europe, le climat politique s'est nettement dégradé à la Jamaïque. Michael Manley essaye de maintenir le calme des ghettos de Kingston d'une main de fer. Bob tente alors de lancer un événement de réconciliation nationale. Après avoir contacté le gouvernement, le concert Smile Jamaïca est organisé et doit réunir différents artistes le 5 décembre au Heroes national park. Le Premier ministre profite de l'occasion pour programmer des élections le 20, ce qui rend Bob furieux. Mais un autre coup de théatre va intervenir. Deux jours avant le concert, les Wailers répètent à Hope Road avec leur manager. Six gunmens s'approchent de la maison et quatre tirent sur tout ce qui bouge. Chacun s'abrite comme il peut. Rita est touchée à la tête, Bob au sternum et au biceps, Don Taylor est lui atteint par cinq balles. Le groupe se disperse et le couple Marley file avec Taylor à l'hôpital. Ils s'en sortiront tous sain et sauf par un petit miracle. La cause de cet attentat est toujours aussi mystérieuse. Elle serait très probablement politique, mais les relations parfois troubles de l'entourage du groupe rendent le règlement de compte plausible. Les jeunes gunmens retrouvés assassinés n'ont jamais pu livrer leur version de l'histoire. Après une certaine confusion et de longues discussions, le concert aura finalement lieu. Les Wailers se réfugient ensuite au Bahamas.

En janvier 1977, le groupe part à Londres pour enregistrer. Junior Marvin prend la place de Don Kinsey à la guitare. Les sessions seront très productives avec une nouvelle fois Lee Perry pas très loin des studios d'enregistrement. De quoi publier deux albums : Exodus en 1977 et Kaya en 1978. Les textes sont plus posés et la musique mélange le style habituel au « rockers » en vogue à la Jamaïque. Les chansons d'amour prennent un peu plus d'importance et Kaya en pâtit fortement. Lors de la tournée qui suit, Bob se blesse au pied en jouant au foot à Paris. Trouvant enfin le temps de faire des analyses quelques mois plus tard, des cellules cancéreuses sont découvertes. Il se fait amputer un orteil afin de stopper la maladie et est forcé au repos. Les concerts reprennent toutefois en fin d'année. La situation politique est toujours aussi mauvaise sur son île, Bob veut intervenir et en trouve l'occasion grâce au Mouvement pour la paix qui organise une trêve dans les ghettos jamaïcains. Le 22 avril 1978, il atteint le sommet de sa carrière chez lui en participant avec d'autres stars de son pays au One love concert. Bob profite de l'occasion pour réunir les deux opposants sur scène. Le chanteur soulève les mains liés de Michael Manley et d'Edward Seaga en l'air pour graver cette image historique.

Les Wailers entament ensuite une importante tournée à travers le monde. Une sélection de morceaux issus de quatre concerts européen sera enregistrée et publiée sous le titre Babylon by bus. Marley trouve également le temps de se rendre en Ethiopie pour rencontrer les rastas rentrés à la terre mère, réalisant ainsi enfin son rêve d'aller en Afrique. Ces voyages africains lui inspirent un de ses plus grands disques enregistré dans son nouveau studio de Kingston : Survival qui verra le jour en 1979. Le disque d'une rare intensité a une forte tonalité politique symbolisée par le morceau « Africa unite ». Les Wailers mènent une nouvelle tournée éreintante durant laquelle leur chanteur ne suit pas les conseils des médecins de se ménager. Une nouvelle consécration l'attend avec une invitation à chanter le titre « Zimbabwe » lors des cérémonies d'indépendance de ce pays en 1980. Cette même année, il s'est rendu au Gabon et à découvert que Taylor l'arnaquait de longue date et s'est débarrassé donc du manager. A peine rentré, le groupe, accompagné de cuivres, commence à enregistrer Uprising qui contient la magnifique ballade autobiographique adaptée de l'histoire biblique de Joseph, « Redemption song ».

La Jamaïque est de nouveau en période électorale, Bob évite donc son pays et passe ses rares moments de repos dans la maison qu'il a acheté à sa mère à Miami. Mais dès la sortie d'Uprising, les Wailers reprennent la route avec un Marley usé, qui refuse de courber l'échine. L'Europe, puis les Etats-Unis ; son entourage voit son état se dégrader. Un matin à New-York, lors de son jogging, il s'écroule dans les bras d'Allan « Skill » Cole. Le chanteur a une tumeur au cerveau, il vient de faire un attaque de paralysie. Contre l'avis médical, il part le lendemain pour jouer son dernier concert à Pittsburgh. De nouveaux examens révèlent un cancer à l'estomac et un autre aux poumons. Marley est hospitalisé tout d'abord à New-York puis en Allemagne sous les ordres d'un médecin aux méthodes innovantes. Il retrouve tout d'abord un peu de sa santé, même s'il reste très affaibli, mais ce regain ne dure pas. Le 3 mai 1981, le docteur allemand déclare forfait, le 9, Bob rentre à Miami où il est hospitalisé. Le 11, tout est fini. Bob Marley est rapatrié dans son pays et a droit à des funérailles nationales. Le cortège qui suivit le cercueil de Kingston jusqu'à son mausolée à Nine Miles, son village natal, est interminable.

L'héritage de Marley est immense, car il n'a pas cessé de composer, d'enregistrer et de porter son message à travers le monde. Outre un album posthume à la magnifique pochette, Confrontation, Island et bien d'autres producteurs ont tenté de profiter de la célébrité du chanteur pour sortir de nombreux enregistrements et inédits de qualité inégale. Le plus célèbre est la compilation Legend, best of officiel sortie en 1984 et véritable succès des ventes. Le coffret de quatre CD Songs of freedom daté de 1992 est un des rares exemples de réédition fournie et soignée. En 1997 et 1998, trois coffrets de qualité, The complete Wailers 1967-1972, compilent la discographie des Wailers en regroupant la quasi intégralité des enregistrements antérieurs à Island, exhumant certaines raretés. La vie du chanteur a également été l'objet de deux documentaires eux aussi plutôt réussis, Carribean nights (1986) et Time will tell (1991), ainsi qu'une excellente biographie (qui a largement inspirée ce texte) simplement intitulée Bob Marley écrite par Stephen Davis. Ses enfants, au moins une dizaine dont certains issus de relations extra-conjugales, ont également portés l'héritage paternel en publiant un certain nombre de disques dans des styles reggae roots, plus moderne ou ragga. Les Wailers ont continué bien après sa mort à tourner sur toute la planète et de nombreux musiciens jamaïcains ont joué et jouent encore ses morceaux. Son influence musicale sur le reggae est inestimable et sur les autres musiques, comme le punk des Clash, sensible. Il reste également un modèle et un guide pour un grand nombre d'âmes qui cherchent à canaliser leur révolte et à trouver l'amour.

Par sofianeroots69 - Publié dans : bobmarley45-81
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Vendredi 19 janvier 5 19 /01 /Jan 23:01
Vous avez certainement entendu parler de Mumia Abu-Jamal ce dread américain, ancien Black Panters, condamné à mort par l'administration Pennsylvanienne pour un meurtre présumé. Avant d'être emprisonné dans les couloirs de la mort en 1981, cet activiste pro-black était écrivain et journaliste et il a eu l'honneur d'interviewer Bob Marley, à Philadelphie, lors de sa tournée mondiale SURVIVAL en 1979.
Nous vous présentons en intégralité cet entretien, rédigé et commenté par Mumia en 1995.

"Le Reggae Music, le son des Jamaïcains et de la foi rastafarienne a de plus en plus de partisans aux Etats Unis. C'est une résurgence qui vient du fond, de la dégradation et des luttes des classes populaires


africaines de Jamaïque, et qui porte en elle un élément d'espoir surpuissant.
Bien que ses racines soient sorties du sol jamaïcain, elles viennent d'Afrique, le berceau de l'humanité.

Quelques aficionados du reggae oublient sou
vent le style sans défaut de Robert Nesta Marley, quand il chantait la chute de Babylone, durant toute sa vie, développant une réflexion de résistance à la domination que subissent les africains, que se soit dans un endroit, ou dans un autre, comme ici, aux Etats Unis, dans les boyaux de Babylone. Marley, plus que n'importe quel chaman ou maître musicien, était un homme guidé par l'amour du peuple africain.
Lors de ses dernières apparitions en public, ici, Marley pouvait s'asseoir pendant des heures, posant des questions et partageant sa plus importantes possession, son temps.
Son humeur n'était jamais lointaine, ni dure. Il était enthousiaste, honnête et avait tout à fait les pieds sur terre. Pour lui, une opportunité de prêcher était comme une bénédiction et il adorait parler de Rastafari, le mouvement pour racheter
l'esprit du peuple noir.


Quand nous nous sommes rencontré, c'était la fin de l'année 1979, la température extérieure commençait à se rafraîchir, mais dans la suite des Wailers, à l'hôtel Warwick, l'atmosphère était sombre, humide, chaude, et aromatisée par l'arôme de la sensimilia.
Marley tirait une taffe à plein poumon, expirait un nuage gris et faisait passer. Ses yeux brillaient d'un scintillement heureux, tout comme ses mots d'ailleurs ; il prenait vraiment beaucoup de plaisir à tenir son rôle de mentor rasta auprès des blacks américains. Un rôle que sa destinée n'a fait qu'agrandir au fil des temps, alors que son nom, sa mémoire, portent en eux la puissance et le potentiel de nombreux autres martyres de notre temps ... Malcom X, Marcus Garvey, Paul Boggle, Fred Hampton, et tant d'autres ..." Mumia Abu-Jamal

Mumia Abu-Jamal :
Quelle signification a l'herbe pour toi ?

Bob Marley : L'herbe ? L'herbe est le médicame
nt de la nation, seen ? Une fois qu'on commence à fumer de l'herbe, tout le monde pense de la même manière. Aussi, si tu penses la même chose, ça veut dire qu'on est sur la même route. Si on est sur la même route, ça veut dire qu'on va s'unir.
Certains disent 'ne fume pas d'herbe' , c'est parce qu'ils ne veulent pas que nous nous unifions ... C'est vrai ! L'herbe est réellement le remède pour les nations et les gens feraient bien de l'utiliser. S'ils veulent fumer, qu'on les laisse fumer ! S'il veulent faire des infusions, laissez les faire. S'ils veulent l'inhaler, qu'ils l'inhalent et s'ils veulent en manger un peu, qu'ils la mange...
Il y a des tas de magasins d'alcool et comme ils savent que l'homme aime bien fumer, ils vendent des cigarettes, mais ils ne veulent pas que tu fumes de l'herbe, uknow ?
Comme tu le sais, l'alcool tue alors que l'herbe te construit. Yea l'herbe fait vivre ! Les gens qui fument de l'herbe vivent plus longtemps, j'en connais. Jah know ! True, true ! C'est les fumeurs d'herbe qui vivent le plus longtemps sur terre, mon ! True, true !
Lorsque j'étais très jeune, je connaissais un homme qui fumait et faisait pousser, j'allais souvent le voir. Il n'a pas changé, il est toujours le même depuis cette époque (rires). Il est en deal avec Rasta uknow ! Il s'appelle Robert. Ca fait des années que je le vois, il n'a jamais changé ... C'est ça rasta !

Mumia :
Brother, quelle est la signification de la chanson EXODUS ?Bob Marley : Exodus veut dire venir tous ensemble ... le mouvement pour l'Afrique du peuple noir.
L'exile de Babylone. Nous sommes en Babylone et c'est une exode physique vers chez nous.
 Mais ce que nous souhaitons vraiment c'est l'unité entre tous les noirs, tous    ensemble, seen ?
A l'heure actuelle la seule manière que nous avons pour nous unir est de travailler avec la vérité ... La vérité est celle dont le Roi Salomon et le Roi David sont les racines ; alors si on veut connaître nos racines, nous devons prendre en compte les enseignements de l'époque du Roi Salomon et du Roi David, du lion de la tribu de Judah ! Ca rejoint tout ce que I&I dis : c'est le temps de l'unité. Notre peuple a quelque chose de fort ... nous devons nous en rappeler.

Quel feeling ressens-tu quand tu viens dans une ville comme Philadelphie où il y a plus d'un million de blacks ?Quand je viens à Philadelphie, parfois je me demande si je suis à la page. Parce qu'il faut toujours être dans son temps. Quand je viens ici, je ne veux vraiment pas mentir, je veux m'investir au maximum. Quand je repars, je veux entendre des gens dire : 'JE SUIS RASTA' et avoir l'esprit Rebel.
Nous ne pouvons pas continuer à vivre comme cela, à toujours vivre la même chose encore et encore, notre peuple doit s'unir. Il n'y a que comme ça que tous les problèmes se résoudront et si les blacks s'arment de savoir, de sagesse et de compréhension, ils seront vraiment en mesure de le faire. Pendant que certains ont un don pour les technologies, d'autres ont un talent pour ci ou pour ça ; l'homme noir détient le talent des origines, il maintient le business édicté par Dieu, ce pour quoi la terre a été créée. I&I doit maintenir cela.
Une des chansons que tu as écrite m'a particulièrement touché brother ... et je suis certain qu'elle a touché la plus grosse partie des Africains aussi ; c'est la chanson que tu as fait sur les mots de Son Impériale Majesté Haile Selassie, édictés à la société des nations, WAR . Elle m'a vraiment ému, elle nous a tous ému.
C'est simplement la vérité tu sais. Ce que dit Sa Majesté est totalement vrai ... A présent, quant nous écoutons, quant Sa Majesté dit cela, on regarde partout sur la terre et on comprend le message. Si tous les gens qui se disent leaders sur la terre prenaient en compte ce que Sa Majesté dit, à l'heure d'aujourd'hui il n'y aurait plus de guerre, plus de problèmes.
Tant qu'il y aura une philosophie qui place un être supérieur à un autre, si tout cela continue, nous n'aurons que la guerre !


La Rhodésie est libre, l'Afrique du sud est libre, Philadelphie est libre, tu vois ce que je veux dire ... Kingston est libre ... Où que nous soyons, c'est le message ...
C'est ça. Car le gouvernement du Christ doit régner sur terre, uknow ? Et le Christ est Rastafari !
Pendant longtemps les gens ont pensé que le Christ était blanc. Mais il est Black mon ! Comme c'est dit dans la Bible. La Bible nous dit que Salomon est noir, que Moïse est noir, que Jeremiah est black, Haile Selassie est black. Alors le Christ ne peut pas être blanc. C'est comme ça que notre peuple a été trompé ; on leur a montré un Christ blanc et si les Africains pensent que le Christ est blanc sa devient dangereux.
Rome est l'ennemie des gens. Il y a là bas l'ante christ qui rôde et qui dit à tout le monde qu'il est le christ. Naturellement il ne l'est pas, car le seul et le vrai est Haile Selassie I God, u know ?

C'est dans cette ville de Philadelphie que le taux de chômage chez les noirs est le plus important de toute l'Amérique ... Aussi c'est bien dans cette même ville que le pape est venu il y a quelques jours. Tu parlais de l'ante christ, c'est ça ? Il fait son travail, c'est ça ?Yeah . Tu vois je n'aime pas le pape, aucun de ces gens là. Il vient ici et vous dit 'Vivez en paix, vivez ceci, vivez cela' . Vivez là où il n'est pas ! Vous êtes près à vivre en paix tant que le pape est là. Non ! Pas de pape, et nous vivrons en paix. S'il n'y avait pas de pape nous serions certainement tous en paix. Il est venu avec tous ces trucs d'ante christ et ne dit aux gens que des choses insensées.
Le pape Paul a bénie Mussolini quand il a attaqué l'Ethiopie. Pourtant l'Ethiopie porte la plus ancienne histoire du christianisme. Rome n'est rien et c'est pour ça que nous disons souvent que quant le pape mourra ... pour nous ça sera la meilleure des choses qui n'est jamais arrivée, surtout si deux papes meurent le lendemain (rire
s). Tu sais, en Jamaïque nous prions souvent pour la mort du pape. Je me souviens, un jour un pape a eu une attaque cardiaque, je te laisse imaginer la joie que c'était, nous étions contents . Mais celui là est très dangereux, parce qu'il endoctrine et rend fou de nombreuses personnes ; c'est dangereux.

Quel est ton souhait pour le futur du peuple black en Amérique et dans le monde ?La voie que je vois et que tu vois, ça paraît simple, mais c'est la vérité. RASTA FOR THE PEOPLE ! Rastafari ! Pour tous les gens. Le capitalisme et le communisme sont terminés. C'est rasta maintenant ! C'est le chemin pour les noirs. Voilà ce que nous disons maintenant dread ! Laissez l'homme noir trouver sa façon de vivre. Laissez le vous montrer comment un gouvernement fonctionne et comment on fait pour s'occuper des gens. C'est qui à votre avis qui détient le Love ? Qui chante dans les églises ? Qui sont les gens spirituels sur cette terre ? Le peuple noir travaille avec Dieu, et Dieu ne les laissera pas tomber, il est toujours là. A présent Dieu leur dit de s'unir, car c'est dans l'unité qu'on trouve le pouvoir de Dieu tu sais. Dieu aime ; il aime ce qui est uni. Il n'y a que de cette manière que tu peux sentir dans son entier le pouvoir de Dieu. C'est ce qu'il veut ! Tant que ... Si le peuple noir ne s'unit pas, rien ni personne ne pourra aller bien sur terre. L'homme blanc ne vit pas comme il faut, les Chinois non plus. Pourquoi ? Parce que les noirs ne sont pas unis. L'homme noir est une pierre angulaire sur terre ! Quand les temps sont durs pour lui, ils le sont pour tout le monde ; quand il est fort, le monde est fort ; et il y a bien longtemps nous avons été fort, uknow ! Quand tu vois toutes ces guerres, ces combats ... Tu sais où ça se passe ? En Afrique, notre mère ! Pourtant tout le monde sait que c'est en Amérique que la guerre va vraiment commencer. LA VRAIE GUERRE... L'Europe viendra et Boom ... Il faut bien être conscient que ce sont eux qui sont dans tous ces business avec l'atomique. Alors on ne s'inquiète pas pour ça, l'Afrique est la meilleure. L'Afrique pour les Africains, là bas et à l'étranger. L'Africain peut largement être mis en valeur. L'Afrique a des mers, des rivières, tout . Puis elle est propre. Tu as plus de terres que n'importe où ailleurs, il y a tout de bien . Le meilleur climat, les meilleurs terres, les meilleurs tout ! C'est pour ça, aujourd'hui encore plus qu'hier, nous devons nous tourner vers His Majesty God. Sa majesté ne nous vendra jamais aux Russes, ni même aux américains. HIM élève la dignité de l'homme noir, seen ! Alors tu peux fièrement leur dire RASTAFARI et aucun deal avec les traîtres.
Par sofianeroots69 - Publié dans : bobmarley45-81
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Jeudi 18 janvier 4 18 /01 /Jan 23:29


Dire que Bob Marley aimait le football serait une sous-estimation énorme. Sa passion pour le jeu s'est développée très tôt.

Passion d’enfance commune aux enfants des ghettos de Kingston, seul sujet d’unanimité entre les Wailers et leur entourage, amour du beau jeu argentin et brésilien, ultime distraction pendant son agonie, le football accompagna la vie de Bob Marley jusque dans ses derniers instants. Partout ou il allait et ceux Malgré ses obligations musicales, Bob réservait toujours un temps pour jouer au foot. Ainsi sur la route, ce devint une pratique habituelle que de participer aux parties amicales, souvent contre une sélection de journalistes musicaux ou des équipes d'enregistrement. On peut dire qu'après la musique le football est ce qui compte le plus aux yeux de Bob Marley. Bob possédait cette dextérité au pied par laquelle on reconnaît, celui qui a grandi dans le ghetto

"J’aime la musique avant le football. Si j’aimais le football d’abord, ce serait peut-être un peu dangereux, parce que le football est très violent. Si un homme te tacle durement, ça te donne des sentiments guerriers."B.M.


Bob et les Wailers: Des amoureux du Foot

Presque tous les membres du groupe adoraient le foot, mais le plus passionné était Alan Skip Cole. Un des meilleurs amis de Bob, il était l’ancien avant centre de l’équipe de Jamaïque, ni plus ni moins le meilleur joueur des Antilles britanniques de tous les temps. Il permettait aux Wailers de suivre un véritable entraînement quotidien. Chaque soir, après le travail au studio, Marley ne manquait jamais la partie de foot dans la cour de la maison de Bob. En 1978 pendant la coupe du monde qui fut soulevé par l’argentine Bob Marley et les Wailers avait équipé le bus de la tournée d'une télé pour qu'il puisse suivre les matchs. A chaque étapes, des matchs étaient disputés, parfois très sérieusement, contre des équipes de journalistes locaux ou des membres des maisons de disques, voire des petits clubs. En 1980, pour l’ultime tournée, un véritable tournoi fut organisé en marge d’un concert londonien dans un stade  près de Fulham, un des quartiers et club de la capitale anglaise. Bob a également joué avec les joueurs professionnels du FC Nantes, du PSG et probablement avec d’autres clubs professionnels lors du passage des Wailers dans leurs villes. Concerts, répétitions, interviews…tout était programmé pour ne pas manquer les matchs des compétitions importantes. Quand Bob jouait de la musique, le ballon n'était jamais très loin. Il jouait au football presque tout le temps avant un concert, en coulisse ou pendant l’entracte. Et lorsque Bob jouait au football, sa guitare n'était jamais très loin non plus. La musique et le football n'étaient jamais dissociés.

 


vidéo de Bob au brésil et ca fait BUT !!





bob marley marque un BUT!! brazil 1980
envoyé par sofianeroots69

Une autre video sympas (sauf le commentaire caricatural du journaliste) ou Bob joue au foot à Paris en 1977
Par sofianeroots69 - Publié dans : bobmarley45-81
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Mercredi 17 janvier 3 17 /01 /Jan 14:17
Sans la subtilité stratégique de Chris Blackwell, patron d’Island, cet album n’aurait sans doute jamais vu le jour, et le cours de l’histoire en aurait été probablement modifié. Jusqu’ici le reggae était resté une musique de singles s’adressant aux Jamaïquains et à la communauté antillaise exilée en Angleterre. La majorité des chansons tournaient autour du plus fédérateur des sujets, le sexe. Avec des titres tels que “Spermy Night Over Kingston” ou “Wet Dream”, le reggae était même considéré dans les discothèques comme parfait levier pour toutes les mises à feu lubrique. Pourtant Blackwell estimait qu’il suffirait de quelques compromis pour intéresser le marché européen et américain, comme d’envisager la sortie d’un album avec une dizaine de chansons organisées autour d’un thème central. Encore fallait-il trouver l’artiste susceptible de porter un tel concept. Et c’est là que Bob Marley, flanqué des deux autres Wailers historiques, Peter Tosh et Bunny Wailer, entre dans le bureau. Et s’engouffre avec lui une culture au dépaysement radical, sa cohorte de coutumes, de symboles et de mots, sa vision du monde imprégnée de millénarisme et de prophéties et plus encore, une vibration inconnue. Paru en décembre 1972, “Catch A Fire” est le premier disque de reggae conçu comme un album rock. Pour épauler les trois Wailers et leur section rythmique, composée des frères Barrett, Man “Family Man” et Carlton, Blackwell fit appel à quelques musiciens de studio dont Robbie Shakespeare, ce dramaturge de la basse à qui l’on doit une monumentale secousse sismique sur “Concrete Jungle”. Les choeurs sont chantés par Rita Marley, Martha Griffiths et Judy Mowatt, avant qu’elles n’adoptent le nom des I-Threes. Enregistré à Kingston, l’album sera mixé dans un studio londonien où Blackwell ajoute des séquences de synthés et fait venir le guitariste de Muscle Schoals Wayne Perkins pour délivrer quelques parties de guitare dont ce superbe solo au lyrisme sinueux s’enroulant comme une liane autour du tronc puissant de “Concrete Jungle”. Bien que les Wailers s’octroient quelques instants de légèreté sur “Kinky Reggae” et “Rock It Baby”, l’album est construit sur une imparable logique dialectique unissant l’aliénation et la rébellion. La description d’une situation contemporaine sur “Concrete Jungle”, l’évocation d’une condition historique avec “Slave Driver” et “400 Years”, alimente le feu d’une (rasta) révolution dont ce disque est la première mèche. Le premier couplet d’un flamboyant cantique de la racaille.

vidéo-clip: stir it up
Par sofianeroots69 - Publié dans : bobmarley45-81
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